Journal de voyage

Rapa Nui

Nous continuons notre traversée de l’Océan Pacifique pour atteindre une île loin de tout. Elle se trouve à 4’000km de Tahiti et à 3’500 de Santiago ! Les premiers habitants avaient du cran, assurément. Partis eux aussi de Polynésie, ils auraient effectué la traversée en près de 3 semaines, sur de simples barques à voiles.

Heureusement pour nous, un vol de nuit fait également la liaison entre Papeete et Hanga Roa, la principale ville de l’île de Pâques. Là (aussi), nous en aurons pris pleins les yeux ! Une culture unique, qui a failli disparaître et qui n’a pas encore dévoilé tous ses secrets. Ce mystère est perceptible sur toute l’île, tant les traces laissées sont incroyables et nombreuses, personnifiées par ces curieux moais.

Bien que l’île appartienne aujourd’hui au Chili, que le folklore local renvoi à l’Amérique du Sud, nous nous trouvons toujours dans le triangle polynésien. Preuve en est l’accueil avec le traditionnel collier de fleurs offert par Clara, notre hôte pour cette petite semaine. Nous logerons dans un petit camping où nous séjournerons dans la plus grande tente ; 8m! Comme en Amérique du Sud, la langue officielle est l’espagnol. Un nouveau paramètre à maitriser ! Seules quelques expressions polynésiennes demeurent : ia orana (bonjour), Mauruuru (merci), Nana (au revoir), Manuia (santé) !

Pour nos premiers pas sur l’île, nous nous mettons en marche en direction des deux banques proposant un automate ; l’un est en panne ou en révision et l’autre n’est pas accessible en dehors des ouvertures. L’horaire aussi est espagnol, fermeture dès 15h… Mais une personne sort et nous indique une station-service qui assure un service de change, de l’autre côté de la ville. Du coup, on rebrousse chemin et on finit par changer quelques dollars. Plus le temps pour débuter les visites, nous les ferons les jours suivants. Nous profitons tout de même d’engloutir notre premier empanadas !

Le lendemain, nous débutons notre visite par celle du Musée de Rapa Nui. Plutôt succinct, mais il présente l’historique de l’île et l’état des recherches. Les polynésiens sont arrivés entre 400 à 1’200 après J-C. (800 ans d’écarts selon les estimations !), par plusieurs vagues. En plus d’un impact certain sur la faune et la flore, ils ont surtout sculpté et érigés des centaines de statues, ni pour entrer en contact avec les extraterrestres, ni pour représenter leurs dieux, mais plutôt comme des gardiens de l’île. Les Moais pourraient représenter les chefs de tribu. Ils sont tous orientés sur l’île (hormis un groupe) et seraient, d’une certaine façon, garant de la stabilité sur l’île. C’est vrai que leurs regards sont plutôt intimidants, on se sent observé…

Et pour partir à leur rencontre, pour une fois, on loue une voiture ! Un petit 4×4, tant les routes sont cabossées, mais surtout car le temps est incertain. Et on a plutôt eu raison, car on a eu la pluie, de manière courte, mais à plusieurs reprises ! C’est ainsi que nous sommes partis à la découverte de la vie des Rapa Nui ; leurs habitations, leurs techniques agricoles (comment protéger les cultures du vent, du soleil brûlant et économiser l’eau) et surtout des Ahu, ces stèles où se trouvent les fameuses statues, tantôt couchés ou tantôt dressés. Nous avons également visité l’ancienne carrière, Rano Raraku, où 397 moais ont été abandonnés ! Le nombre est colossale, mais en réalité, jusqu’à l’arrivée des colons européens, cela représentait une moyenne de deux statues par année (seulement) !

Pour admirer l’arrivée du soleil sur les moais (et profiter à fond de notre véhicule), nous avons mis le réveil à… ah non, le soleil n’est pas un lève-tôt ici, il ne se lève qu’à 8h10 ! Par contre il se couche à 22h ! Ce levé de soleil à Ahu Tonjariki restera un moment fort, devant ces 15 statues. Magnifique. Puis, nous avons également fait un petit détour jusqu’à la plage de Anakena afin de voir les Moais d’Ahu Nau Nau. C’est sur cette plage que les premiers polynésiens auraient débarqués.

Pour finir notre tour nous nous sommes rendus sur le site volcanique d’Orongo. A un certain moment, la culture a changé. Les Rapa nui ont abandonné les statues Moais pour célébrer le dieu « Make-Make » et louer un culte à l’homme-oiseau. Ce dernier avait le privilège d’arbitrer les conflits entre personnes ou entre tribus. Pour le désigner, un grand concours était organisé chaque année.  Chaque tribu envoyait un homme. Ce dernier devait s’élancer d’une falaise, nager quelques mètres jusqu’à un motu, trouver un œuf d’un oiseau migrateur, puis le ramener au sommet du volcan Rano Kau, à Orongo. Cela a l’air simple, mais la falaise fait plusieurs dizaines de mètres et le concurrent pouvaient attendre des semaines avant de ramener un œuf !

Après toute ces visites intéressantes, nous avons rendu l’auto… puis on s’est remis à la marche pour atteindre de nouveaux sites avec des moais et un village construit dans des tubes creusés de lave. La vie des premiers habitants ne devait pas toujours être facile… Mais il était bien à l’abri de la pluie, eux. Car il s’est remis à pleuvoir, et cela va durer une bonne partie de la nuit. Le lendemain, vers midi, presque tout était inondé ! Notre tente a tenu bon, heureusement, mais les alentours et la route regorgent d’eau. Pour les derniers moments à Hanga Roa, nous nous sommes mis à la recherche de wifi en ville (une denrée extrêmement rare sur l’île), on goûte au chocolat chaud des Andes (plus épais, plus chocolaté et peut-être plus amer que celui dont on à l’habitude) et surtout, on achètera quelques souvenirs.

Finalement, après une dernière nuit de sommeil dans notre tente, nous repartons en direction de Santiago puis directement à Lima. Nous aurions beaucoup aimé parcourir les routes chiliennes, mais la situation et l’actualité – ce même jour de violents affrontements à Valparaiso, ville située à quelques kilomètres de Santiago – nous fera changer nos plans. Nous resterons qu’une petite nuit à Lima, chez une charmante dame, avant de nous envoler pour la Colombie ! Et pour une fois, après Pâques, nous fêterons le Carnaval !

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