Colombie,  Journal de voyage

Fin du voyage

A 2h45, nous entendons du bruit. Des roulettes de valises et quelques mots en espagnol. C’est le gérant de l’hôtel où on passe la nuit qui conduit les hôtes de la chambre à côté à l’aéroport… Puis, à 3 heures précises, c’est notre tour! Arrivés à l’aéroport, il y a déjà bien du monde. Nouvel objet à la mode, bien deux tiers des personnes présentent portent un masque pour se protéger du virus. Drôle d’ambiance. Nous passons l’immigration et embarquons dans l’avion. On a vraiment l’impression de fuir…

Car oui, nous quittons rapidement la Colombie pour rejoindre le Mexique et son aéroport de Cancun.

Pas réellement une fuite, mais on anticipe la fermeture imminente des frontières. L’objectif est ainsi de quitter rapidement l’Amérique latine et de bénéficier de vols plus pratiques vers l’Europe. Notre vol se fait sans problème, l’arrivée aussi. Seule une personne entièrement protégée par une combinaison blanche filtre les arrivants à l’affût du moindre symptôme. Drôle d’ambiance… le chien renifleur devient ainsi plutôt sympathique (et même sur un vol Medellin – Mexique !).

Aux premiers jours, nous avons l’impression que le Mexique fait comme si de rien n’était… seuls quelques petits gestes ont fait leur apparition : nous sommes accueillis dans certains restaurants et magasins par une giclée de gel antiseptique pour se nettoyer les mains, plusieurs magasins internationaux ont fermés et quelques magasins interdisent l’essayage d’habits. Sur les réseaux, des touristes informent que des sites ne sont plus visitables ou que l’entrée leur est barrée. C’est à peu près tout, rien d’officiel. Puis, dans les rues, toujours une drôle d’ambiance et, sans surprise, la situation mondiale ne s’améliore pas. Au contraire, presque tous les pays ont décrété un confinement ou imposé de sérieuses restrictions.

Au jour le jour, nous sommes en sécurité. Nous avons un petit studio, bien à l’écart des lieux fréquentés (et aussi à meilleurs tarifs !), avec une petite piscine et tout le confort nécessaire. Pas de pénurie dans les magasins. Mais si cela dure, si cela empire, s’il nous arrive quelque chose…

Suffit qu’on passera une semaine entière à Playa del Carmen. Malgré la beauté et la chaleur de l’endroit, ce n’est pas tout à fait le rêve… On comprend rapidement que notre tour du monde s’achève ici. De ce fait, la région de Cancun est notre dernière destination de notre tour du monde.

Nous cherchons ainsi un billet de retour. On se met à la recherche d’un vol que l’on réserve immédiatement. Une escale à Newark (en banlieue de New York), puis un vol direct jusqu’à Zurich, le tout avec la compagnie Swiss. Un bel itinéraire et à bon prix, soit une belle affaire en cette période. Sauf que… le site rencontre un problème juste après le paiement : la carte de crédit est débitée, mais le billet n’est pas émis ! Un premier e-mail à la compagnie nationale, un contact par Facebook, puis par Twitter… puis une demande de renforts sur place, en Suisse, à Delémont et à Genève. Comme les autres compagnies, celle que nous avons choisi est noyée par les demandes des clients qui cherchent à être rapatriés. Au final, on téléphone au service client (le décalage horaire a dû bon aussi) et cela malgré le prix prohibitif (CHF 4,75 la minute – à relever que Swisscom a fini, sans demande particulière juste aux vues des circonstances, par rembourser l’appel !). On apprend que le vol que nous avons visé est tout bonnement annulé… Notre argent a quant à lui bien été débité, mais il devrait revenir à nous quelques jours plus tard (ce qui a été fait 5 jours plus tard, bravo à Swiss !).

Nous repartons à la chasse aux vols, un vrai sport en cette période particulière. British Airways semble proposer de bonnes solutions, soit en passant par JFK (New York), soit par Dallas, soit par Miami. Rapidement, on élime rapidement le critère « beauté de l’escale » pour opter sur celle qui permettra d’avoir le plus de temps à la douane. On pense aussi aux exigences administratives en n’oubliant pas l’ESTA (une autorisation pour transiter ou entrer sur le territoire américain).

Une fois ces démarches faites, on retourne profiter de la piscine et de prendre le temps d’acheter quelques souvenirs et habits avant d’entreprendre ce grand retour. Sauf que… 75 heures avant le vol, on reçoit un nouveau message d’annulation. Cette fois-ci, on décide de se rendre directement à l’aéroport dès le lendemain, cela sera plus simple !

Après un dernier bon petit plat, puis une courte nuit à penser à tous les scénarios imaginables, on arrive enfin au guichet. L’hôtesse nous réserve un bon accueil. Elle contrôle les horaires, puis jette un coup d’œil à nos bagages. Ensuite, elle nous demande si on les a tous avec nous. Et, c’est le cas ! Car, heureusement, elle nous propose directement nouveau un vol, le jour même, départ quatre heures plus tard !

Nous voilà ainsi dans un avion à direction de Chicago. Le vol se déroule sans histoire. On arrive aux USA, le temps est gris et chose que nous n’avons plus vu depuis longtemps, plus une feuille aux arbres ! Les gens portent des doudounes, il semble faire froid… Par contre, pas de doutes, nous sommes bien en Amérique. Les policiers sont comme on se l’imagine, un gobelet de café posé sur leur bureau, manquerait plus que les donuts… Tout en gardant le sourire, ils (car au final on a eu affaire à une petite dizaine de douaniers !) nous expliquent qu’ils rencontrent un problème avec leur système. Heureusement que notre deuxième vol est retardé de plus d’une heure. Au bout de 40 minutes, on nous annonce enfin une solution et notre passeport est tamponné une dernière fois… On continue notre parcours et on passe à un contrôle sanitaire. Une dame, couverte de partout ; combinaison chimique, gants, masques, visières et charlotte, nous pose des questions. Entre l’intimidation, le stress, l’accent américain, nous n’avons pas tout compris… mais comme nous n’étions pas en Europe ces derniers jours, on fini par passer et attendre la zone de transit.

Notre vol pour Londres a toujours son heure de retard, nous sommes ainsi parfaitement dans les temps. On continue notre périple. Tout se passe bien jusqu’à l’extinction des lumières… habituellement, tout le monde se tait lorsqu’il fait nuit dans l’avion… sauf que sur ce vol, un petit groupe de jeunes aviné n’arrête pas de discuter toute la nuit… Malgré nos injonctions, et celles des autres (quoique plutôt timide), on dort peu…

Après un petit survol du château de Windsor (splendide!), nous atterrissons à Londres. Ici aussi, toujours une drôle d’ambiance, les magasins et restaurants sont fermés, hormis les 2 ou 3 qui vendent des sandwichs. Il est même pas possible de boire un café… Peu de touriste en transite. Un vol arrive de Chine, et là surprise. Avec nos masques, nous avons l’air fin à côté. Eux, ils ont la panoplie complète d’un chimiste ; combinaison blanche, chaussures blanches, masque et lunette. C’est franchement impressionnant.

Finalement, 7 heures plus tard, nous décollons pour notre destination avant la maison, Bâle. Le vol et le passage de frontière se font sans histoire. On arrive même juste à prendre le train après une petite course dans la gare (entièrement vide, faut-il le préciser) de Bâle. Et finalement, après un petit moins de 400 jours, une vingtaine de pays traversés, nous bouclons la boucle. Là, petite surprise, nos familles nous attendent à la gare !

Pas d’effervescences particulières (car elles ne sont pas autorisées!), bien qu’on soit tous bien heureux de se retrouver après ce long voyage. Elles ne dureront d’ailleurs pas longtemps, nous sommes un groupe de 6 (autorisation uniquement jusqu’à 5 !) et le froid est transperçant en cette période.

Et maintenant ? On s’est mis en confinement volontaire, afin de ne pas (ou de limiter au maximum) risquer une éventuelle contamination. Autrement, on retombe gentiment sur nos pattes et on se lance sur de nouveaux projets : où habiter ? où travailler ? quel autre nouveau voyage ? 😊

2 commentaires

  • Pierre Berthold

    Bonjour Audrey et Olivier,

    Grâce à votre blog, j’ai suivi plus ou moins régulièrement vos péripéties extraordinaires autour du monde durant plus d’une année.
    Bravo et félicitation pour vos facultés d’imagination et d’adaptation tout au long de ce périple.
    La pandémie a malheureusement abrégé votre voyage. J’ai admiré votre faculté de rebondir pour finir par pouvoir sauter dans un avion pour rejoindre la Suisse.

    J’espère que la  »reprise » pour vous ne sera pas trop pénible après tant de rêves et de découvertes.

    Bon vent à tous les deux et peut-être au plaisir de vous croiser au hasard des rues de Delémont

    Amicalement

    Pierre Berthold

    • Audoli

      Salut Pierre,

      Nous te remercions pour ton message, bien sympathique!

      En effet, nous avons vécu une année intense. Malgré les conditions particulières et abruptes du retour, nous garderons un souvenir impérissable de ce beau voyage. Le calme imposé de ces dernières semaines nous a permis de bien nous réacclimater et de redécouvrir notre superbe région avec un nouvel œil.

      Probablement, à bientôt !

      Audrey et Olivier

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