Journal de voyage,  Polynésie Française

Du balai !

Au volent de sa Clio, Hubert nous ramène à sa maison. Bien que la route soit en bon état, tout tremble. Les sièges sont mous, troués, la mousse est parfois manquante, la ceinture de sécurité pas accessible pour tous… Pas sûr que le compteur des kilomètres ait encore assez de nombres en réserve pour afficher tous les kilomètres parcourus par ce véhicule. Le passage au service ne semble pas existé non plus…  Nous arriverons tout de même entier. Audrey restera coincée dans l’auto… Il n’est possible d’ouvrir la portière de derrière uniquement depuis l’extérieur, à l’aide d’un bâton accroché à une ficelle…

Cela dit, nous arrivons devant deux belles petites maisonnettes : une pour le jour, une pour la nuit ! La première comprend une cuisine et une terrasse, la deuxième simplement les chambres et les toilettes. Original et plutôt bien adapté à la vie locale. De là, nous avons une vue sur Tahiti, c’est splendide. Nous faisons également connaissance avec le reste de la famille : Hélène, son épouse, Moana et Olina, leurs deux filles de 8 et 6 ans, puis également de trois coqs, deux poules, un chat, nommé Colle-colle ou Bêtise (!) ainsi que d’un chien, nommé Jack ! Une autre personne est également présente pour encore deux petits jours : Ramon… Un Suisse de Lucerne ! Décidément, encore un !

Nos hôtes sont français. Ils se sont rencontrés à Paris… Après quelques voyages, ils ont eu leur première fille, Moana. Avec un tel prénom, tout le monde leur parlait de la Polynésie. Ce prénom désigne le bleu profond et plus sombre de l’Océan, en tahitien. Mais eux, l’avait plutôt choisi en lien avec l’Océan car ils avaient un autre rêve en tête, celui d’entreprendre la traversée de l’Atlantique en voilier (une belle aventure également !). Ce qu’ils one réalisé, en laissant Moana aux grands-parents. Arrivés au Panama, la maman est retournée en France retrouver sa fille et le papa a continué la traversée du Pacifique pour atteindre Tahiti. De là, la maman et la fille ont rejoint leur papa, puis ont voyagé d’île en île. Ils ne sont jamais repartis et ont même eu une deuxième fille ! 

En trois semaines, nous nous serons mis au rythme de ces îles. A travers le monde, certaines ont la réputation d’être paresseuses, mais la Polynésie, c’est un rythme bien précis : dès 5 heures, le soleil pointe gentiment le bout du nez. Les premiers habitants se réveillent et, pour certains, se rendent aux débarcadères afin de monter dans le premier ferry de la journée à destination de Tahiti. Dès 6 heures, toute l’île de Moorea est réveillée, nous y compris ! A 7 heures du matin, au plus tard, le petit-déjeuner est avalé et la journée peut débuter. Les soirées… c’est selon. Habituellement, elles se terminent vers… 19h, le soleil se couchant vers 18h30 ! Allez, parfois 20h. Il n’y a plus un bruit dans les rues. Une fois, un vendredi soir, où nous nous sommes offert une petite pizza (une pour les deux !) à la pizzeria de Vai’are où une scène était ouverte. La soirée était sympa, bien animée et se terminera tard dans la nuit… aux alentours de 22h !

Nos journées types commencent tôt et débutent toujours par un bon petit-déjeuner. Malgré la présence de baguette (mais de piètre qualité et trop salé, celles que l’on trouve dans les supermarchés), nous jetons notre dévolu sur les fruits, surtout les mangues qui sont abondantes en cette saison. Bien mixées, elles s’accordent parfaitement avec le müesli ! Puis, une fois le café avalée, le travail commence : vaisselle à la main, balayage et récurage des sols, laver la salle de bain, faire les lessives, ramasser les feuilles dans le jardin et préparer le repas. On s’est spécialisé dans la préparation de l’Uru, le roi des fruits polynésiens. Une belle surprise ; une fois cuit et écrasé, il est parfait pour s’incorporer dans la pâte, surtout à pizza, ou en gratin ! Entre deux petits plats, on prend tout de même le temps de jouer avec les filles ou avec le chat ! Les journées passent vite…

Bien entendu, nous profiterons de notre temps libre pour réaliser quelques activités. Nous effectuerons l’ascension du Col de Vai’are, qui nous offre une vue plongeante sur le débarcadère et sur la baie de Cook. Nous visiterons également les plages de Temae et de Ta’ahiamanu. L’eau est chaude, transparente et les poissons sont nombreux. La population (de Moorea, pas les poissons ! Quoique si, aussi !) est également très sympa. La communication est facile (on parle la même langue, enfin !), mais les polynésiens sont particulièrement souriants et chaleureux, un vrai bonheur de les côtoyer ! Nous en avons fait l’expérience lors de différentes rencontres lorsque nous faisions du stop (notamment par une maman d’une contrôleuse aux CFF ! décidément !) ou lors de la visite de l’usine Rotui, l’usine de jus de fruits qui fait aussi office de distillerie. La dégustation des punchs et du rhum agricole à 10h le matin restera un bon souvenir !

Un autre souvenir mémorable et notre nage avec les raies et les requins à la plage des Tipaniers ! Les requins sont des requins à pointes noires, sauvages, rarement dangereux pour l’homme, qui atteignent facilement les 1,5m ! C’est plutôt intimidant, on faisait moins les malins ! Depuis cette plage, nous avons également atteint l’hôtel Intercontinental, non pas pour y dormir, mais pour visiter son centre de soin pour les tortues. Une belle initiative qui vise à soigner les tortues retrouvées dans toute la Polynésie qui sont parfois blessées par des activités humaines ou animales. Certains requins attaquent les tortues… ça, c’est le beau côté du lieu, l’autres est encore plus beau mais beaucoup moins éthique : trois dauphins, certes nés dans des parcs animaliers, divertissent les clients. Heureusement, le spectacle est gratuit…

Nous avons également fait une petite escapade au lagoonarium, un spot de snorkelling situé sur un motu (c’est-à-dire une minuscule île dans un lagon, typiquement polynésien) où nous avons profité du soleil, du jardin de corail et surtout de nager au milieu des raies et des requins !

La troisième semaine a coïncidé avec le début de la saison des pluies. Elle nous aura d’ailleurs surprise en pleine ascension du principal pic de l’île, la Montagne percée ! Partis de bon matin, à 6h afin d’éviter d’avoir le soleil qui tapent trop fort sur nous dans les montées en pleine forêt, c’est à peine à 200m du sommet que nous avons dû rebrousser chemin. Il pleuvait tout ce qu’il pouvait, transformant rapidement le chemin terreux en petit ruisseau boueux…  Espérons que cette saison des pluies ne nous suit pas dans la suite de l’exploration des autres îles de la Polynésie.

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