Colombie,  Journal de voyage

Carnaval caribéen

C’est en soirée que nous arrivons à Barranquilla. En traversant la ville en taxi, afin de rejoindre notre hôtel, nous remarquons rapidement que tout a changé : fini l’Asie, fini l’Océanie, on est bien en Amérique du Sud. De plus, bien que la ville ne paie pas de mine, nous nous préparons à un évènement des plus haut en couleurs : le carnaval de Barranquilla, le troisième plus grand carnaval derrière Rio et Venise, rien que cela ! Il en est même inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Le personnage mythique est Marimonda, affublé de son long nez et de grandes oreilles comme un éléphant, d’une veste et d’un pantalon à l’envers ! Créée pour embarrasser et se moquer de la haute société, il est le véritable symbole de ce carnaval.

Comme tout carnaval, le défilé est un rendez-vous incontournable. Pour y assister, nous nous approchons de l’avenue 40, la principale, celle qui longe la mer des Caraïbes (autre charme de Barranquilla) ! De là, tous les accès à l’avenue sont barricadés. Les entrées sont filtrées afin de rejoindre les gradins (et de profiter de l’ombre). Tout y est accessible : grillades, boissons, toilettes… et heureusement, car le défilé dure plus de 3 heures ! Non-stop, les danseurs et les danseuses s’enchaînent et déambulent aux rythmes caraïbéens. Après le défilé, la fête continue en de nombreux coins de la ville jusqu’au bout de la nuit.

Une fois de plus, nous nous serons raisonnables. La réputation du carnaval, se sont également les pickpockets. Arrivées la veille, nous ne sommes pas encore très à l’aise dans ce nouvel environnement. Il n’y a pas vraiment d’insécurité, mais on sent bien qu’il ne sert à rien de s’attarder le soir hors de son hôtel… et le lendemain, on renoue avec les longs trajets de bus inter villes ! Cela ne nous avait pas plus manqué que cela, mais aussi bien qu’en Asie, il s’agit du moyen le plus simple (et meilleur marché) pour rallier la perle de la côte caraïbéenne, Carthagène des Indes.

Nous logerons chez un sympathique couple, George et Andrea, fan de Roger Federer ! Malgré cela, la frontière de la langue est importante. On bredouille quelques mots, on comprend plus ou moins ce que l’on nous dit, mais pour aligner une phrase, on passe notre tour. Surtout que les hispanophones, et les colombiens en particulier, sont plutôt monolingue…

Cela dit, nous découvrons une ville colorée et riche d’histoire.  La ville est située à un emplacement de choix. Le port permettait le chargement des richesses des Andes sur les galions à destination de l’Espagne et voyait également arriver les esclaves pour le travail forcé dans les colonies. Pour protéger ce carrefour stratégique, enviés des anglais et des pirates, les espagnols ont bâti une immense forteresse, le Castillo de San Felipe, que nous avons visité sous un soleil de plomb !

La ville est un véritable musée à ciel ouvert, un quartier populaire est également très agréable à découvrir (Getsamani), mais la Colombie a souffert durant de nombreuses années. Les collections sont ainsi incomplètes et laisse les visiteurs sur leur faim. Autrement dit, le Castillo offre une jolie vue sur la ville, mais ne contient malheureusement plus les pièces, costumes, meubles d’origine (hormis les murs, cela va de soi). C’est qu’une fois à l’hôtel, après la visite et en se baladant sur le web, que nous avons compris qu’une bataille mémorable s’est déroulé dans la baie. Plus de 30’000 britanniques, partis de Jamaïque, face à peu près 3’000 hispaniques. La partie semble perdu d’avance. Mais grâce au fort (et à la saison des pluies qui favorisa les épidémies), Carthagène reste en main espagnol ! Et 300 ans plus tard, c’est toujours l’espagnol qui y est couramment parlé !

Après cette première approche de la mer des caraïbes, nous mettons le cap sur Santa Marta (première ville européenne en Amérique du Sud). Aujourd’hui, il en reste un des principaux carrefours entre la côte atlantique et les montagnes des Andes. Mais avant de prendre de l’altitude, nous rejoignons Palomino pour quelques jours au bord de la mer.  

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