Journal de voyage,  Polynésie Française

50 nuances de bleu

Après un dernier trajet avec leur petite voiture, nous quittons la famille qui nous a accueillis depuis trois semaines. Un dernier câlin, un dernier dessin d’Olina, un don de nos habits très chaud (pas certains que cela leur soit très utile, mais pour nous encore moins de les porter pour les prochains mois !) et nous voilà en vol pour Raiatea.

Voler en Polynésie est une activité en soi tellement les vues sont splendides sur les îles, surtout lorsque le ciel est dégagé comme en cette matinée ! Dès notre arrivée à l’aéroport, Marc nous attend. Il s’agit de notre nouvel hôte pour cette nuit. Il nous conduit jusqu’à sa maison et nous découvrons notre petit studio. Très fonctionnel et surtout une superbe vue sur l’océan. On y resterait bien toute la journée, mais on décide de partir faire un tour de l’île. Raiatea est la destination culturelle de la Polynésie avec son Marae inscrit au Patrimoine de l’Unesco. C’est aussi, selon les historiens, depuis cette île que tous les explorateurs polynésiens sont partis jusqu’au Samoa, jusqu’aux Fidji, jusqu’à Aotearoa (Nouvelle-Zélande), jusqu’à Rapa Nui (île de Pâques) ou encore jusqu’à Hawaï ! Malheureusement, nous n’atteindrons pas le site, trop loin à vélo et il fait trop chaud. Petit point culturel : plusieurs archipels composent la Polynésie ; nous, nous sommes à l’archipel (bien-nommé) « Sous-le-vent ». En effet, un petit air agréable souffle régulièrement, permettant ainsi au mercure de monter jusqu’à une température agréable, située entre 25 à 28 degrés, à peu près toute l’année. Mais sur cette journée, exceptionnellement sans air, le mercure dépasse allégrement les 30 degrés ! Suffit qu’on n’aura pas fait grand grand-chose de cette journée… Hormis mangé quelques mangues tombées et trouvées le long du chemin du retour. Néanmoins, l’autre intérêt de rejoindre cette île, c’est que le lagon en comprend une deuxième. Ainsi, dès le lendemain, nous effectuons la traversée en ferry pour rejoindre la plus petite : Taha’a.

Cette fois-ci, c’est Théo qui nous accueille au débarcadère. Nous passerons 3 nuits chez notre nouvel hôte qui nous accueille en couchsurfing. Théo est parti d’Isère pour passer son BTS en Polynésie. Son diplôme en poche, il travaille maintenant à la distillerie Pari-Pari et semble plutôt se plaire dans ce petit paradis. Après visite et dégustation des bons produits de cette distillerie, (enfin pas tout à fait juste après, en vrai c’était plutôt le lendemain !), nous louons le scooter le plus cher de notre voyage ! Près de CHF 80.- pour une demi-journée ! C’est aussi cela les endroits loin de tout… Cela dit, sans regrets, c’était un superbe investissement. Avec ce scooter, nous ferons le tour de l’île ; ferme perlière, magnifique littoral, plantation de vanille, des routes en bon état et peu fréquentées. Une superbe journée qui se terminera, une fois le scooter rendu, par une petite escapade sous la conduite de Théo qui nous amènera dans le lagon avec son bateau, au large mais où nous avons encore notre fond, et où nous profiterons de notre Hinano, la bière locale, en admirant la vue sur Bora Bora. Wahou !

Pour anticiper la question, non, nous ne sommes pas allés sur cette île. Et pour la petite histoire, après le bombardement de Pearl Harbour, l’armée américaine a dû rapidement se trouver un nouveau poste au milieu du Pacifique. Ils ont jeté leur dévolu sur cette petite île, amenant hommes et matériels. Sauf qu’entre temps, le front s’est plutôt déplacé sur les Philippines. On peut ainsi aisément imaginer le bon temps passé ici par ces soldats américains… Et à leur retour au pays, en partageant leur souvenir, ils ont créé le mythe entourant cette île. Puis, depuis, les terres ont été vendues aux hôteliers et les polynésiens ont gentiment quitté l’île. Il en résulte ainsi plus d’authenticité et, à moins d’avoir un porte-monnaie bien garni, plus d’intérêts particuliers.

Ia orana Bora Bora

S’hydrater est important, mais parfois il faut également éliminer ! Pour cela, Théo (super hôte car il a même pris congé pour nous faire découvrir son île) nous amènera à une ancienne ferme perlière, abandonné suite au décès de son propriétaire. De là, nous nous initions à la pêche maritime. Sans grand succès, hormis un rocher accroché… Puis, il nous amènera à un petit motu où nous goûterons aux bénitiers fraîchement pêchés et aux noix de coco ramassés ! Nous serons également rejoints par un de ses amis, Keny, un polynésien fan de fondue et de raclette ! A force de parler de spécialités suisses ou polynésiennes, il nous proposera de nous préparer à souper ! Ses beignets de poissons étaient vraiment très bons !

Après ces quelques jours sur l’île Vanille, Taha’a, nous retournons à Raiatea pour prendre le vol le plus court de l’histoire, 20 minutes jusqu’à Huahine ! La traversée est également possible en bateau, mais l’arrêt fait partie de notre pass multi-île proposé par Air Tahiti. Cette fois-ci, personne pour nous attendre. Notre pension facture CHF 25.-, par personne, le trajet pour les 10 km jusqu’à chez eux… Du coup, on fait du stop… enfin, même pas le temps de sortir de l’aéroport et de tendre son pouce, qu’une personne nous propose déjà de nous y amener ! La classe ces polynésiens, et même les expats sont sympas !

Une fois arrivée, juste avant le coucher de soleil, nous prenons les kayaks pour atteindre Hana Iti, une petite plage isolée. Nous sommes seuls, avec quelques voiliers qui mouillent dans la baie. Cela donne des idées, peut-être pour un prochain voyage, et surtout, une vue magnifique. Le temps vient menaçant et c’est, quasiment de nuit, que nous rejoindrons (et un peu à bout de force) notre pension où un bon souper nous attend (c’est pour cela qu’on l’avait choisi !).

La plage nous a tellement plu que le lendemain nous reprenons nos rames et nous y retournons. Cette fois-ci, deux couples sexagénaires français sont déjà présents ainsi que le gardien de la plage. Ce dernier propose une activité, le Patia fa, soit de viser une noix de coco avec une lance. En compétition, la noix de coco est à 8m de haut et le lanceur à une trentaine de mètres. Nous, sur la plage, elle sera tout de même à 3m et nous lancerons d’environ quinze mètres. Les deux français, hommes blancs, tentent leur chance, parfois cela passe tout près, mais aucune lance ne l’aura atteint. Puis, Olivier tente sa chance. Evidemment, forts de leur science, ils étalent leur savoir et leur bon-conseil… Le premier essai ne passe pas loin… et bam ! Le cinquième se plante dans la noix de coco ! C’est toujours marrant de voir les figures se décomposées ! Et aussi de gagner le prix mis en concours, un super assortiment de bijoux en corail rouge, le parfait cadeau pour Audrey en ce jour de St-Valentin !

Après ces émotions, nous rejoindrons notre nouvelle pension, toujours en stop. Cette fois-ci, il s’agit d’une belle tente en bord de plage. L’endroit est superbe, mais nous en profiterons qu’à moitié car le temps est changeant et la pluie abondante. Finalement, pour l’anniversaire d’Olivier, nous ferons le tour de l’île en scooter. En plus d’en prendre pleins les yeux, l’objectif est de se rendre au restaurant chez Tara, où nous découvrirons le four polynésien ! Un trou dans la terre, quelques pierres volcaniques brûlantes, les aliments enrobés dans les feuilles de bananes et le tout recouvert. Trois à quatre heures plus tard, le four est ouvert et le buffet est servi ! En plus du veau, cochon et poissons rôtis, on ne se lassera pas de l’uru, ni des bananes plantains, papayes et de toutes les spécialités au lait de coco !

Dans notre escapade, nous nous rendrons au Marae Anini. Situé tout au sud, il devait impressionner toutes les personnes arrivant par bateau avec de bonnes ou de mauvaises intentions. Aujourd’hui, il ne reste plus que les fondations, les sites ayant été abandonnés complètement lors de l’évangélisation des îles au XVIIIe siècle. Quelques kilomètres plus tard, nous avons eu une belle frayeur. Lors de la montée au Belvédère, notre petit scooter (un 50cm3, le moins cher à la location…) voit son moteur s’arrêter complètement. Il n’a pas résisté à cette pente à 30% (tout de même !) et à notre poids après le buffet. Après un bon quart d’heure, le temps de transpirer et d’invoquer tous les dieux polynésiens (ou plutôt au moteur de refroidir), ouf, il repart ! De l’autre côté de la montagne, on observera des anguilles sacrées aux yeux bleus ou des anguilles d’eau douce, d’anciens pièges à poisson et le Marae de Maeva, le plus grand de Polynésie. On profitera également de quelques plages rencontrées en cours de route, tant les 50 nuances de bleu sont attirantes et irrésistibles !

Après ces magnifiques journées à parcourir une infime partie des îles de Polynésie, et totalement charmé par cette destination de rêve, nous voilà déjà à notre dernière journée. Un dernier tour à la plage, une escale à Papeete et nous voilà prêt pour un nouveau départ pour l’île de Rapa Nui !

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